18 mars 2008

Le centre rouge

L’histoire que je vais vous conter s’est passée il y a très très longtemps, en octobre dernier. Eh oui, c’est fou comme le temps passe plus vite quand la routine s’installe. Il s’agit de la petite balade que nous avons entreprise alors que nous quittions Perth pour s’établir dans l’est Australien. L’objectif : parcourir 4000km en 15 jours, de Alice Springs à Melbourne.


De la route et encore de la route

Pour l’occasion, nous avions loué un camper van. En fait, il s’agissait plus d’une vieille camionnette dont l’intérieur avait été aménagé avec une table/lit et un lavabo et l’extérieur repeint de manière « cool » pour compenser. Ce n’était pas le grand luxe, mais c’était exactement ce que l’on désirait : un véhicule qui nous amène où on veut et le plaisir de faire du camping n’importe où durant 2 semaines. La voici d’ailleurs :

Malgré les longues distances en route droite et le paysage de sable rouge constant autour de nous, conduire dans le désert Australien s’avère une expérience intéressante. Voici 30 secondes, imaginez 30 heures!
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Eh oui, surprise, Geneviève a tenu le volant pour une petite section du chemin. Chut, ne dites pas aux autorités australiennes qu’elle n’a pas son permis! De toute façon, ceci résume mieux comment le voyage se passait en général:

Chemin faisant, nous avons eu l’occasion de rencontrer plusieurs animaux intéressants. Évidemment, il y a les kangourous qui sortent à la tombée du jour et tôt le matin. Avis aux automobilistes, ils aiment particulièrement se jeter devant les voitures à la dernière seconde. Aussi, saviez-vous que l’Australie est le pays où il y a le plus grand nombre de chameaux sauvages? Ils ont été importés il y a bien longtemps d’Afghanistan. Il fallait aussi surveiller les troupeaux de bétail laissés en libertés. Plus d’une fois, nous avons passé une carcasse sur le côté de la route. Finalement, quelques émeus vivent dans la région. D’ailleurs, Miu, un de ceux-ci a particulièrement apprécié le goût de nos chaises en plastique. Il ne voulait plus nous laisser.

Voyager dans ces régions demande un peu de préparation. Il fallait planifier notre chemin pour croiser une station service de temps en temps. À certains endroits, nous devions faire plus de 300km entre deux postes d’essences. D’ailleurs, nous avons même dû attendre la livraison d’essence dans un endroit où nous avions passé la nuit. Heureusement pour nous, ils recevaient leur livraison hebdomadaire le matin même.

Centre rouge

Durant ces deux semaines, nous n’avons pas fait que de la voiture. Notre premiere destination : Ormiston Gorge dans les MacDonnell, une chaîne de montagnes qui passe par Alice Springs. Après avoir marché dans la gorge quelques heures sous un soleil de plomb et s’être rafraîchi dans un étang, quoi de mieux que de planter sa tente pour observer les wallabies (petit cousin du kangourou) dans leur habitat naturel. Ah, quelle belle nuit sous les étoiles!

Le lendemain, nous sommes déjà en route vers l’attraction principale de la région, une des merveille du monde, j’ai nommé: Ayer’s Rock (ou Uluru, dans son nom indigène). Quel spectacle impressionnant de voir se dresser cette énorme roche rouge en plein milieu de la plaine désertique. La roche est un lieu sacré pour les aborigènes. Plusieurs de leurs légendes y sont rattachées et on a pu y observer quelques fresques et en apprendre sur leurs coutumes.

Pas très loin de là, souvent ignorée par les touristes, on peut retrouver une autre formation rocheuse intéressante : les Olgas

C’est à cet endroit que nous nous sommes arrêté pour observer le coucher de soleil en buvant du vin mousseux. Semble-t-il que c’est une coutume d’en prendre un verre devant la montagne au soleil couchant, probablement lancée par les agences de tourisme pour attirer de la clientèle, mais bon, quand la coutume est bonne, pourquoi ne pas l’adopter!

Suivant les conseils d’une sympathique famille de Québécois que nous avons rencontré aux MacDonnels, nous faisons un petit détour d’une journée vers King’s Canyon pour y faire une marche assez difficile à 40 degrés sous un soleil de plomb. Heureusement, au milieu de la marche se trouve un petit oasis, le jardin d’eden, où nous avons pu nous baigner et nous rafraichir à l’ombre. Excellent conseil, merci Pierre et Martine si vous lisez un jour ce blog!

Région d’Adelaide

Nous quittons maintenant les Northern Territories pour passer la frontière en South Australia. Pour les premiers kilomètres, il n’y a pas beaucoup de changement. C’est toujours le désert. Coober Peddy est la première ville que nous rencontrons. Il s’agit d’une ville minière troglodyte, c'est-à-dire que les maisons sont construites en partie sous la terre pour permettre aux occupants d’échapper à la chaleur torride qui règne en ces lieux. Malheureusement, l’atmosphère de la place ne nous plait pas et nous nous contentons simplement d’y faire le plein avant de repartir.

En chemin, par le plus merveilleux des hasards, nous passons par la Clare Valley. C’est une région viticole réputée en Australie et nous nous arrêtons pour un dîner copieux au vignoble Skillogalee et une visite de Sevenhill, une abbaye où les premières vignes poussèrent dans la région.

Comme le temps se faisait court (déjà plus de la moitié du voyage de passé) et que nous voulions s’organiser une journée ou deux de plongée, nous avons passé très rapidement par Adelaide, la capitale de l’état. Nous avons quand même profité d’un des nombreux parcs zoologiques de la ville pour nourrir les kangourous et flatter un koala. C’était doux!

Malheureusement pour nos plans, la température n’était pas pour la plongée. Heureusement, notre détour par la péninsule de Fleurieu a quand même été agrémenté de superbes paysages qui faisaient tout contraste au désert que nous venions de quitter.

Great Ocean Road

La dernière étape de notre voyage nous a fait découvrir une des plus belles routes panoramiques du monde, la Great Ocean Road. C’est une route qui serpente sur le littoral sud de l’Australie entre Adelaide et Melbourne et qui est formé en grande partie de calcaire, ce qui crée de superbes formations rocheuses.

C’était aussi amusant de s’approcher finalement d’une grande métropole Australienne. Cette section de route est un paradis, à quelques heures de Melbourne, pour les surfeurs, les plongeurs et les vacanciers.

Melbourne
Et, finalement, nous voici rendu à Melbourne. Première impression : Quelle belle ville!

Après seulement une semaine de recherche intense, nous sommes déjà les heureux locataires d’un appartement tout juste rénové et meublé pas trop loin du quartier branché de la ville. Notre propriétaire est une Bulgare qui a immigré il y a 20 ans ici et avec qui nous nous entendons super bien. D’ailleurs, son mari et elle nous ont invité dernièrement à un barbecue (sport typique des Australiens, rappelez-vous).

Ah oui, un autre fait marquant de notre arrivée ici : les courses de chevaux! Ici, le sport, c’est presque une religion. Melbourne compte 8 des 13 équipes de l’AFL (Australian Football League) ou Footy, comme ils l’appellent. Mais retournons à nos chevaux. Imaginez un matin en prenant le train de retourner en arrière dans les années 1930. C’est un peu ce qui nous est arrivé. Il faut s’habiller avec des chapeaux à plumes pour les femmes et un complet veston-cravate-chapeau gangster pour les hommes. Ils ont même une journée fériée pour la Melbourne Cup tellement c’est important pour eux!

Pour conclure cette entrée, juste quelques mots pour vous dire que Geneviève et moi nous sommes tous les deux trouvés assez rapidement des emplois intéressants, que nous apprécions bien le pays et les gens qui l’habitent et que nous prévoyons étirer notre séjour pour encore au moins un an (nous venons d’obtenir notre visa de travail, bon jusqu'en 2012). Par contre, même si nous sommes loin de vous, nous pensons souvent à nos familles et amis et apprécions beaucoup quand vous nous donnez des nouvelles de vous!

Au revoir, à bientôt…

1 commentaire:

Marc, celui qui n'aime pas les voyages a dit...

Bon, avant de commencer à chiâler comme d'habitude, j'aimerais vous féliciter pour l'ajout de photos ponctuant votre récit, c'est bien de pouvoir mettre des images sur les mots... Comme ça, on sait encore plus qu'on est bien au Canada! Pour les paysages d'autoroute monotones, nous avons des kilomètres de Prairies! Pour les animaux qui viennent nous déranger au camping, nous avons d'énormes maringouins! Pour les grosses roches qui se dressent en plein milieu de nulle part, nous avons le rocher Percé! Il est même possible de prendre un verre de vin mousseux devant le tipi d'un mohawk ou - plus facile à trouver - sa cabane à cigarettes! Et si je veux savoir qu'un koala est doux au toucher, je n'ai qu'à ouvrir un livre "Apprenons les textures" de Raphaël!

Bref, la seule chose que vous n'auriez pas pu faire au Canada, c'est conduire dans le mauvais sens de la route - même s'il semble que c'est un sport très populaire le samedi soir à la sortie des bars.

Alors votre Australie, vous pouvez la garder jusqu'en 2012, moi, je vais aller visiter des endroits où le seul visa dont j'ai besoin, c'est ma carte de crédit... Tsé, Visa... Bon, ok, je vais aller retravailler ma chute...